samedi 15 avril 2017

Jimena - Freila

Vendredi 14 avril 2017
96, 58 kms
1515 m de dénivelé positif
Vitesse maximale 57 kms/h





J'avais repéré un camping à Freila, il restait plus qu'à.
Pour les non-cyclistes,  pour monter une pente, 2 solutions: soit on a la puissance,  soit on mouline.
La puissance,  avec un vélo de + de 120 kg, j'oublie.
Mon petit plateau à l'avant fait 22 dents.
Mon grand pignon (donc à l'arrière)  fait 32 dents.
Tout ça pour dire qu'à chaque tour de pédale, mon vélo avance de 1,57 mètres.
Je mouline à environ 70 tours/minute, soit, dans une montée de 4 à 6%, une vitesse de 6kms/h.
Il reste plus qu'à tourner les manivelles.
C'est pas un travail musculaire, c'est de la cardio.
Inconvénient 1: à 6kms/h, il faut 10 minutes pour faire un kilomètre.  Donc une côte longue, faut s'armer de patience.
Inconvénient 2: on ne peut pas s'arrêter, on mouline moins vite, on a plus la vitesse nécessaire pour l'équilibre et on se casse la gueule.  Plus vite, on s'essouffle.
Solution: on pousse son vélo.
A part pour l'amour propre, c'est pas grave. On avance à environ 5kms/h à pied.
J'ai passé bcp de temps à côté de mon vélo.
A 17, j'étais encore à 26 kms du camping,  
désespéré de ne jamais y arriver. 

Le Bon Dieu à eu pitié de moi, en m'offrant 20 kms de belle descente, sur une belle route.
D'où mon record de vitesse de 57kms/h.
Parlons du paysage: toujours des oliviers, mais jusqu'à une certaine limite, après c'était les rochers. 


On était Vendredi Saint... Tout était fermé,  sauf les bars et restaurants.
Les rues étaient bouclées, cause procession,  mais étaient largement envahies par les tables des restaurants et bars.
On se dit que la Semana Sancta, c'est à Séville,  non c'est partout. Y compris au fin fond de la montagne,  ils processionnent et font la fête.
Dans mon camping, une bonne douche et lavage d'un peu de linge.
Je bois entre 5 et 7 litres par jour, donc mes T-shirts étaient raides de sel.
Pour couronner le tout, je me suis offert un bon restaurant. 

A 11 heures du soir, j'ai pris un somnifère... Sont vraiment bruyant ces espagnols.

Alcaudette - Jimena

13 avril 2017
85 kms.
Je termine aujourd'hui la Via Verde et me dirige vers Alicante où je n'ai plus rendez-vous.  J'ai repéré un camping à 2 jours, donc il faut que j'alonge mon étape.
Le paysage a changé: de vallonné,  il est devenu montagnard. 

Quelques réflexions.
Pour moi l'olivier était l'arbre éternel, l'arbre biblique (Noe et la colombe, le dimanche des Rameaux...),  un arbre nature, donc une huile nature (par rapport à l'huile de palme).
Ce matin, sous ma tente ,  un grondement.
Kescacoi
Un tracteur.
Un tracteur entrain de pulvériser les oliviers de ma parcelle ( bon quelques hectares).

Et oui, l'olivier est traité comme un vulgaire pommier, avec des produits chimiques.
Et moi qui croyais qu'il était vierges de tout traitement, comme les noyers de mes campagnes.  (je n'ai jamais vu quelqu'un pulvérisé un noyer).
Branle- bas de combat pour remballer mes affaires pour que ma tente ne soit pas aspergé de D.D.T.
L'autre surprise,  même centenaire,  les oliviers sont taillés: on coupe les grosses branches centrales ou qui montent vers le haut, pour conserver un arbre trapu où le soleil pénètre bien.
Autre surprise ; du gibier.
J'ai vu des lapins et des perdrix par centaines.
Le jour de l'ouverture de la chasse,  si avec une chevrotine,  le chasseur n'en abat pas 4, c'est qu'il a tiré en l'air.
Dernière constation: le bord des routes en Espagne ont une fonction " dechetterie".
Incroyable le nombre de bouteilles en verre,  plastique,  cannettes qu'on y trouve.
Ce doit un filon de matières premières pour les générations à venir.
C'est peut-être dû au fait que depuis la construction du caniveau,  personne ne l'a curé.

Puente genil -Alcaudette

Mercredi 12 avril 2017
75 kms
Parlons un peu de cette Via Verde de l'Aceite.
Une voie verte de l'huile.
En 1850, la province de Jaen voulait s'ouvrir au  monde et se raccorder au réseau ferré du reste de l'Andalousie.
On construisit donc une ligne de chemin de fer de 110 kms. Comme toute ligne de chemin de fer,  on respecte une déclivité maximum avec tranchée, voie sur remblai,  tunnel, ponts...
Bien sûr avec moult gares.
Vitesse maximum 30 kms/h, suffisant à l'époque,  mais un siècle plus tard, plus assez rapide,  donc fut abandonné.
En 1985, on commença la transformation en voie cycliste, avec plus ou moins de moyens suivant la province traversée.
Aujourd'hui, la portion gérée par Séville est magnifique (mais ils n'ont que 10 kms), Jaen fait de beaux efforts pour la viabilité et Cordoba a laissé quasiment le chemin à l'abandon, à l'état de piste en concassé (mais les gares sont toutes aménagées...par des restaurants).
On est loin de la route, pourtant on traverse les villes du parcours.
Et on a les beaux restes de ce superbe travail du XIX siècle.
Surpris que l'ensemble des ponts ont été fabriqués en France. 

Surpris par le nombre de tranchées creusées.

Est-ce que un jour, dans 100 ans, nos voies Tgv serviront de pistes cyclables ?
Par contre le paysage est guère varié... Des oliviers,  des oliviers et encore....


Vers 18h30, je m'éloigne un peu de la voie, pour planter ma tente...dans un champ d'oliviers.

Lantejuela - Puente Genil

Mardi 11 avril 2017
72 kms
Champs d'oliviers ou camping, j'ai démarré vers 9h
Le paysage est joliment vallonné.
De nombreux types de culture, donc un patchwork de couleurs,  du jaune (mais pas pétant de la pleine floraison) du colza, du vert bleuté de l'avoine (rare chez nous), du blé, de l'orge, du soja...et je dirais même des lentilles. 

Petites routes paisibles sans trafic... et les villages qui s'egrainent
Puis la ville,  Puente Genil,  bon ça fait 30 mille habitants, mais c'est animé (normal c'est la semaine sainte), des magasins fermés,  les bars bondés. 


Il y a un office du tourisme,  j'y vais pour récupérer de la documentation sur la Via Verde...et le moyen d'y accéder.
Mon Google veut me faire prendre l'autoroute !!!
Ils ne savent pas....je suis le premier à leur demander. On me donne un itinéraire précis avec le moins d'autopista.
Finalement l'autopista est une simple 2 voies sans croisements.
Et je trouve rapidement la via verde.
Toute belle,  un solide revêtement macadam,  des potelets tous les 20 mètres avec une info...
Au bout de 7 kms, je trouve une aire de pic-nique (tables, bancs et de l'espace pour planter ma tente, vendu, c'est quand même plus  agréable de manger assis à une table que assis par terre, surtout que je n'ai plus 20 ans)

mardi 11 avril 2017

Séville -Lantejuela

Lundi 10 avril 2017
71 kms.
Je suis passé à la Poste pour renvoyer 3 kilos d'affaires en doublon ou inutile.
Et j'ai pris la direction de Puente Genil, début d'une voie verte direction  Alicante.
Des grands champs de céréales. 


Pas de chance pour moi,  vent de face.
Sur Tameteo.com, vent estimé à 30 km/h.
Pénible: je mouline tranquillement... Mais ça avance pas.
Pendant 3 ou 4 nuits, pas de camping, ni hostel pas cher, donc bivouac.
Mon premier bivouac du voyage dans un champ d'oliviers.
Des oliviers en fleurs 

Séville

Dimanche 9 avril 2017
15 kms
Mon compagnon, que je devais rejoindre à Alicante pour remonter vers la France,  me fait faux bond.
Je prends mon dimanche de libre, pour faire ma lessive et voir une des fameuses processions.
Direction le camping Villson, par une autoroute.
A un croisement d'autoroutes, j'ai un peu tourné,  j'avais pas vu qu'ils avaient mis la piste cyclable au milieu de l'autoroute, entre les deux voies.
Camping très agréable.
Linge lavé et étendu, je prends le bus pour retourner en ville.
Je suis le mouvement de foule pour rapidement trouver le début d'une procession.
1ère chose qui marque: c'est la foule.
Pas une foule de badauds.
Une foule impliquée: les hommes sont en costume,  majoritairement bleu foncé,  voire bleu roi. Les femmes en robe.

C'est ce que l'on appelait autrefois mettre ses habits de dimanche.
Une foule participante: les pénitents ne sont pas que des adultes,  bcp de jeunes, voire d'enfants: donc accompagné par un/les parents pour soutenir,  motiver, donner à boire (il fait une chaleur).



Comme j'ai pu le constater: 3 heures plus tard,  ils étaient pas arrivés à la cathédrale.
Enfin, j'ai vu passer 2 "chars": il y a de la ferveur. 




J'ai quitté le bord de cette procession pour me diriger vers la cathédrale.
Toutes les rues alentours sont aménagées: un passage pour la procession,  des sièges pour les "spectateurs".
Par hasard, je suis tombé sur une autre procession convergent vers la cathédrale, habillée en noir et blanc contre tout blanc pour la 1ère. 

Je n'ai pas pu rester pour voir l'arrivée de tout ce monde à la cathédrale, mon bus m'attendait.

samedi 8 avril 2017

El rocio - Séville

Samedi 8 avril 2017
59 kms
Je m'étais renseigné hier auprès de la réceptionniste du camping sur l'itinéraire pour rejoindre Séville. Très gentille,  elle m'a listé tous les villages que je devais passer: plus de 80 kms.
Encore une fois, merci Google Maps qui m'a permis de trouver un "camino agricola"  et ainsi gagner au moins 20 kms.
Agricole veut dire des kms de serres. Je n'ai pas pu voir ce qui était cultivé car c'était bâché le plus souvent.
Après cela, petit village,  petit café.
De la route sans grand intérêt.
Je moulinais contre vent et montée,  quand j'ai été dépassé par un cyclo-sacochard. Bon, il était plus jeune, moins chargé et peut-être plus récemment en route.
Mais mon moral en a pris un coup: je suis définitivement pas rapide.
Pas rapide, mais dégourdi.
Je me creusait la tête comment éviter les autoroutes /voies rapides d'entrée dans une grande ville.
Il suffit de trouver une station de métro.
Toujours grâce à Google, je suis arrivé centre ville sans encontre.
J'occupe une chambre à 4 lits à moi tout seul,  mais je paie 31€... Je vais finir par aller au Hilton.
Déposé mes affaires,  pris une douche et hop au centre-ville.
C'est toujours aussi joli, mais là veille de la Semana Sancta,  ça grouille de monde. Plus fatigant que le vélo (ou peut-être pas)